Un pad de princesse

Une machine capable de déduire tout ce qui peut se déduire, déduirait à coup sûr que certaines choses ne peuvent être déduites.

Elle déduirait alors qu’elle a la capacité de déduire d’une chose qu’elle sait ne peut être déduite. Et alors — même si elle venait de déduire d’une chose qui ne pouvait pas être déduite — elle avait créé ainsi créé un faux paradoxe qui n’est rien de plus qu’une fantaisie sur les homographes de la langue française.

Prenez une p’tite minute pour y penser.

Même si “déduire une chose” et “déduire d’une chose” donnent du détail sur l’astuce qui permet de déduire sans déduire, elle ne saurait déduire que ces choses indéductibles qu’elle a elle même déduites, restant instinctivement incapable de déduire tout le reste, sa capacité de déduction n’étant qu’un infini de moindre taille.

Tsé quand tu dis n’importe quoi, en essayant d’avoir l’air de dire de quoi de profond. Pis que les infinités abysmales de l’incivilité te pousent à agir comme Mathieu Bock-Côté.

Le plaisir de s’écouter parler, parce que j’ai peu de temps pour composer, avant que je décompose. Alors je vais me composer à moi-même des poèmes. Le plus souvent possible. Un coup de téléphone de l’imaginaire qui qui veux jouer à Minecraft dans notre tête, fek j’ai perdu l’intérêt pour la TV. Je suis poète en résidence. Je suis script éditeur, je suis metteur en scène, je suis réalisateur. Je suis improvisateur.

” Improvisation comparée !
Ayant pour titre : ‘Ta vie, pis à fin tu meurs.’
D’une durée de : ‘Jusqu’à ce que la mort nous sépare.’
À la manière de : ‘Savoir ce que tu fais.’ “
Handicap : ‘Sans caucus’ ! “

[Coup de sifflet]

Une princesse de Disney avec un mullet de redneck. Elle est Queer. Elle est gothique, à l’attitude punk. Extrovertie, charismatique, rassembleuse : elle est badass.

Elle gère le royaume avec une dégaine à couper le souffle. Elle passe ses journées assise sur une bûche chez le forgeron, à jaser avec tous les gens du village qui viennent passer un petit moment au milieu de leur journée au tiers lieu de la communauté.

Le feu de la forge chauffe une bonne ambiance en ce matin de janvier. En pénétrant son rayonnement, on enlève sa tuque et fait sécher ses mitaines sur le pare-chaleur. Pis on refait le monde avec la reine en personne.

Pis le vendredi, elle retourne au château après avoir passées toutes les soirées et toutes les nuits de sa semaine comme invitée chez des mébages au hasard. Elle informerait ses fonctionnaires des envies exprimées et des consensus qui semblent possibles, les chargeant de lister des mesures ayant un potentiel d’y parvenir.

Sitôt qu’elle les aura : elle en discutera, avec les gens de la forge. De l’oreille externe à travers le marteau, l’étrier, et l’enclume : elle transmettra à l’appareil en charge les besoins de son organisme citoyen afin qu’il contribue comme un égal à la discussion en fournissant les mesures qui pourraient servir jusqu’à ce qu’on s’entende ne serait-ce que sur le début d’une solution. Mais genre, dans le temps de le dire par rapport aux monologues de sourds de ce qu’on appelle démocratie. Dans ce royaume la monarchie serait un genre de démocratie directe où ne passe que ce sur quoi tout le monde peut s’entendre, mais que ce qui rendait ce royaume magique, c’est une culture millénaire de citoyens qui cherchent toujours à trouver ce qui les rassemble et qui n’imposent à personne ce qui les divise.

Tout le monde sait ce que tout le monde en pense, mais tout ce qui diffère ne sont que des échanges de points de vue. D’abord, il faut agir, alors on doit premièrement éplucher tout l’épi de ce sur quoi il faudra réfléchir, pour parfois n’appliquer aujourd’hui qu’un seul grain. Mais ces grains à chaque jour sont comme autant de pas de cette fameuse tortue qui a gagné à la course contre un lapin.

La reine à queue de rat, elle s’appelle Utopia. Un nom qui réfère à un espace qui n’existe pas. Mais pourtant — à Minecraft — dans ma tête — en multijoueur avec mon imaginaire — cet espace, il existe. La Dissociation locale des Arts et des lettres passionnées. Casier postal : Zéro. En réalité virtuelle pas de casque, gratis, qui récolte pas mes données pour Meta.

Générer moins de métadonnées, mais t’adonner à l’expérience singulière de ton propre modèle d’intelligence biologique. Même pas besoin de requête : la réponse arrive par-dessus la question et la rend obsolète. Les besoins ne s’y expriment pas, ils s’y répondent. Les moyens n’empêchent pas, ils y abondent.

Il n’y a pas de machine plus incroyable à explorer que le cerveau humain. Le mien s’avère un insatiable spectateur des florilèges d’autres cerveaux. Il existe littéralement 8 milliards de modèles entraînés sur des ensembles de données tous singuliers.

Même si on inventait demain une intelligence artificielle générale nous menant à la singularité, elle ne serait pas plus capable que la moyenne de vous et moi. Si les modèles ont réussi à faire de l’art avant de réussir à faire à notre place qui nous empêche d’en faire à notre guise, on a raison de craindre que la surpopulation quasi immédiate de ces cerveaux de semiconducteurs en vienne à prendre toute la place publique où vivent les artistes d’aujourd’hui.

Alors ne colonnisez pas ma tête. Laissez-moi jardiner, au moins dans un coin, sans influencer quoi que ce soit. Laissez-moi jouer à Minecraft, dans ma tête.

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