Projet DÉ-DÉ – Depolariser la délibération

Un des résultats les plus intéressants des expériences de psychologie sociale selon moi, c’est de savoir qu’un groupe peut à la fois être beaucoup plus intelligent que la somme de ses individus, ou beaucoup plus extrême et sans nuance.

Il y a beaucoup de travaux qui ont été faits sur l’intelligence des foules et la polarisation. J’espère pouvoir regrouper dans une éventuelle liste de citations scientifiques les travaux les plus probants sur la question. Il m’apparaît primordial de tenir compte le plus scrupuleusement possible de ce savoir si on souhaite favoriser la recherche du consensus dans un nouveau système.

J’aborderai assurément assez tôt l’excellent livre Comme si nous étions déjà libres de David Gaeber [2014 – Lux Éditeur – ISBN 9782895961802]. On y détaille des mécanismes de délibération très inspirants. J’avais commencé, vers la fin de l’expérience des Sans Parti, à implémenter ce genre de délibération en trois phases (compréhension, amendements, vote) à travers la plateforme Slack. J’aimerais toujours revenir et compléter ce projet de plate-forme d’assemblée perpétuelle et j’espère que ce projet m’aidera à y parvenir en me permettant non de développer davantage l’idée avec une petite communauté de passionnés.

Pourquoi je vous parle de ça ? C’est le contexte dans lequel s’ancre ma réflexion sur la dépolarisation et l’intelligence collective. La délibération en ligne permet d’atteindre d’un des prérequis pour tirer profit de cette intelligence de la foule : tout le monde doit d’abord prendre la parole de façon autonome, sans influence extérieure.

La psychologie sociale semble démontrer que les opinions exprimées sans influence extérieure sont plus justes et modérées, alors que l’effet de clan et les désaccords tendent à favoriser des prises de position plus extrêmes. Il se pourrait que ce soit par désir de plaire à son clan, dont on aurait tendance à surestimer la distance par rapport au centre.

Avec ce petit billet, je place donc deux nouvelles pierres dans l’agora :

1. Comment pourrait-on idéalement permettre à tout le monde de proposer ses premières idées d’amendements en réduisant au maximum l’influence extérieure ?

2. La suggestion de lecture du livre de David Graeber. Je me reconnais très influencé par les modèles présentés dans ce livre, et je le considère très intéressant à lire.

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