Les univers en cage

ArtStation – Charles-Étienne Cloutier

J’ai longtemps voulu parfaire le monde. Puis j’ai réalisé l’arrogance que c’était de croire que les humains avaient le potentiel d’être parfaits.

« L’Homme est un singe avec des clés de char » disait Charles Patenaude, bredouille face à l’incapacité de son espèce à vouloir se sauver elle même. Bin Charles, nous sommes désormais 8 milliards de tatas à croire que notre capacité à remplacer l’oppression naturelle par une oppression artificielle fait de nous le bout d’la marde.

Homo Sapiens Sapiens : Non seulement on s’est nous-mêmes dit des sages, mais on a poussé l’audace jusqu’à l’écrire deux fois. Homo Hubris Égoïste serait déjà plus juste pour une espèce si sage qu’elle est de loin son plus meurtrier prédateur, et sa plus grande menace existentielle.

« Allez Hop! Un peu d’sincérité. » chantait LeLoup pour l’homme.

J’ai parfois voulu défaire le monde. Puis l’ai réalisé l’arrogance que c’était de croire que je pourrais décider de ce qui avait de la valeur.
La business de l’oppression s’est érigée un monopole tellement puissant qu’elle nous motive trop souvent à s’opprimer soi-même.

L’homme est un singe qui se fait à lui-même l’équivalent d’un suicide au monoxyde de carbone, mais avec des plus gros chars, et une plus grosse molécule.

L’anoxye est un état passif qu’on ne peut reconnaître sans y avoir été entraîné.
Avant de mourir, le cerveau devient trop passif pour voir venir sa fin.
Nous sommes déjà en train de défaire le monde.

Je ne pourrai jamais sauver le monde
Je ne voudrai jamais me sauver du monde
Mais si on ne peut pas changer le monde
Il est toujours possible de changer de monde

Je n’ai plus foi en l’humanité. Mais j’ai encore foi en certains humains qui comprennent qu’il est plus important d’aider son prochain que de perdre sa précieuse vie à tenter de l’impressionner avec un Cadillac Escalade flambette.

Ma planète a rétréci. Le village global est une lubie qui dépasse mon cerveau de primate. On n’a aboli les frontières que pour se donner la possibilité de cacher nos esclaves loin des regards pour mieux ignorer leurs plaintes. Pour tout le reste, les frontières existent plus que jamais. Les plus libres d’entre nous s’emmurent avec une ferveur aux allures de psychose.

Je préfère plus que jamais la compagnie d’une poignée d’amis opiniâtres qu’à n’importe quel fil de commentaires du centre d’achat désincarné qui nous a piégé dans un petit coin sa grande toile.

J’ai envie de faire de chaque discussion la naissance d’un univers nouveau où les rêves des uns veulent prospérer sans étouffer ceux d’autrui. On ne croit à la croissance infinie tant qu’on ne tente pas d’appliquer ce concept aux droits humains. On ne manquera jamais autant de minéraux qu’on dit manquer de privilèges à partager. J’ai besoin de laisser mon cerveau en friche pour que l’imagination reprenne ses droits entre les fractures toujours plus nombreuses du béton qui a colonisé mon jardin intime.

J’ai trop longtemps laissé le monde me changer. J’ai mis du temps à comprendre comment incarner le changement que je voulais y voir. J’ai gaspillé trop de ma vie à faire de mes principes un spectacle qui se voulait inspirant.
J’ai tellement voulu inspirer que j’ai plus d’une fois failli expirer.

L’anoxye est un état passif qu’on ne peut reconnaître sans y avoir été entraîné.
Avant de mourir, le cerveau devient trop passif pour voir venir sa fin.
J’ai en moi un univers que j’ai trop longtemps cru trop petit. Jusqu’à ce que je comprenne qu’il existe un infini entre zéro et un. Aujourd’hui les étoiles qui s’y trouvent produisent de l’oxygène.

L’Homme est un singe avec les clés du miracle de la vie. J’vois pas pourquoi on perd son temps à performer notre extérieur pour du monde qui s’en kalys. Je voyage en ceuzes qui me permettent de visiter leur univers

Ça coûte rien, ça pollue fuck all, pis ça ne se partage qu’en Peer 2 Peer via les réseaux privés naturels.

Il n’y a rien de plus grand
Que la vie elle-même

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